Situation géographique
- Au nord par le territoire de Kalehe
- Au sud par le territoire de Walungu
- À l'est par le lac Kivu
- À l'ouest par le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB)
Il s'étend entre 28° et 29° de longitude Est et entre 2° de latitude Sud. Son altitude moyenne est de 1 500 mètres, ce qui lui confère un climat particulier et une végétation luxuriante.
Relief et altitude
- Mont Kahuzi — 3 300 m d'altitude
- Mont Biega — 2 700 m d'altitude
À l'intérieur de cette entité, on trouve également des collines entières qui constituent des structures défavorables à la vie humaine et restent largement inhabitées. Ces reliefs accidentés façonnent le paysage et influencent profondément les modes de vie et l'agriculture locales.
Climat et pluviométrie
La pluviométrie y varie entre 1 300 mm et 1 800 mm par an, ce qui assure une humidité suffisante pour les cultures mais pose également des défis en termes d'érosion et de gestion des eaux.
Le sol et l'environnement
Cependant, suite à la surexploitation agricole et à l'exposition à l'érosionsous toutes ses formes — hydrique (par l'eau) et éolienne (par le vent) —, ce sol est devenu l'un des plus pauvres de la région. Les collines dénudées témoignent de cette dégradation progressive.
Face à cette réalité, les ONGD (Organisations Non Gouvernementales de Développement) et le pouvoir coutumier se sont mobilisés pour protéger ce sol précieux. À travers des sensibilisations et des formations des paysans de Kabare sur la lutte antiérosive et l'aménagement des pépinières, des efforts concertés sont déployés pour restaurer la fertilité de la terre et garantir un avenir durable aux générations futures.
Les origines du Bushi
Malgré leur origine commune, les chefs coutumiers de Kabare et de Ngweshe sont indépendants l'un de l'autre. Cette séparation a façonné deux identités complémentaires au sein d'une même famille bushie, chacune portant sa propre tradition et sa propre administration coutumière.
Le voyage de Nabushi
Deux hypothèses peuvent être envisagées sur son itinéraire :
- Première hypothèse : Nabushi serait descendu de l'Est du lac Kivu. Une fois au Rwanda, il aurait traversé la rivière Ruzizi pour arriver dans la région du Bushi actuelle.
- Deuxième hypothèse : Il aurait emprunté la voie de l'ouest du lac Kivu jusqu'au Bushi actuel.
La région que Nabushi et ses sujets ont occupée était habitée par des autochtones pygmées, qu'ils auraient repoussés dans les forêts environnantes. Ainsi est née Kabare : une terre conquise par la migration, structurée par l'autorité royale et dédiée à la vie communautaire bushie.
La langue Mashi et l'identité Bashi
Le mot « Bashi » se décompose linguistiquement en un préfixe « Ba »et en un radical « Shi ». Les préfixes Mu et Ba régissent les formes grammaticales du singulier et du pluriel des substantifs de la première classe, celle qui désigne les êtres humains.
La signification du radical « Shi » est riche et multiple. On retrouve cette racine dans plusieurs mots fondamentaux :
- Mi-shi — « l'eau »
- Lwi-shi — « la rivière »
- Kushira — « se coucher »
- Ishwa — « le sol cultivable, le champ fertile », provenant de la conjugaison de l'eau et de la terre, deux principes fondamentaux de la vie.
La consonance « Shi » contient l'idée de la force, de la puissance, du savoir, de l'entièreté, de la paternité. Elle suggère également, par un phénomène de réversibilité, la sujétion, la soumission, le fait de subir une autorité ou une peine.
Cette dimension hiérarchique se retrouve dans l'usage quotidien : un chef coutumier ou un notable s'adresse à ses sujets en disant « Mes bashis ». Il apostrophe un homme du peuple en l'appelant « Mushi » — un inférieur ne se permettant pas de s'adresser à un supérieur en employant le même vocable. Ainsi, le nom même du peuple porte en lui toute la structure sociale et spirituelle du Bushi.
